Pantin en commun avait invité le vendredi 6 mars des professionnels de santé, de centres de santé comme en libéral, à échanger sur nos propositions.

Pour Pantin en commun était présent.es :

  • Nadège Abomangoli, tête de liste de Pantin en commun
  • Enzo Poultreniez, responsable dans une association de promotion de la santé
  • Thomas Jeanne, statisticien en santé publique
  • Maud Gelly, médecin IVG Hôpital Avicenne et sociologue (sur les inégalités sociales de santé)

Les points suivants ont été abordés et ont permis de préciser les propositions de Pantin en commun pour faciliter l’accès aux soins dans notre ville.

Quelques éléments de constat :

  • Fragmentation : avant la création récente d’une CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé), l’exercice médicale était très fragmentée à Pantin, à une fracture forte entre CMS (centres municipaux de santé) et médecins libéraux. La CPTS commence à déconstruire les représentations des acteurs les uns sur les autres, pour une meilleure coordination des soins. C’est une dynamique que nous encouragerons.
  • Démocratie sanitaire : les usagers et usagères du système de santé sont pour l’instant très éloignés des politiques de santé publiques. La CPTS a une volonté d’incorporer les usagers pantinois, avant de graver dans le marbre ses priorités. Un collège d’usagers dans la gouvernance est envisagé. C’est une volonté que nous encouragerons fortement.

Des dysfonctionnements nombreux mais surmontables si la mairie est plus proactive :

  • Gouvernance du CLS : Dans le cadre du CLS (contrat local de santé), les différents professionnels de santé ne sont pas égaux, notamment en disponibilité pour participer aux groupes de travail. Cela se fait sur temps de travail pour les CMS, et sur bénévolat sur les médecins libéraux. Cette mission de santé publique devrait pouvoir être rémunérée à la mission pour les salariés comme les libéraux.
  • Soins non programmés : tous les Pantinois en ont fait l’expérience, il est très compliqué de voir un médecin généraliste dans la journée à Pantin. Il n’y a pas aujourd’hui de logique de coordination et d’harmonisation, notamment pour les créneaux d’urgence. Il suffirait pourtant d’une consultation gelée par médecin par jour pour absorber les besoins.
  • Refus de soin : certains professionnels refusent des patients, pour des raisons diverses, et parfois discriminatoires. Une charte est en cours d’écriture. Pour Pantin en commun, elle devra aller au-delà du simple rappel de la loi, et tenir compte des préconisations du Défenseur des Droits et de grandes associations de santé comme Médecins du Monde ou AIDES, très actives sur cette thématiques.
  • Accueil des internes : en libéral, Pantin commence à accueillir des internes, ce qui permet de palier le manque de médecins. Le rôle de la ville est de promouvoir la ville à l’université, de proposer un accompagnement des internes. Nous nous y engageons !
  • Problèmes de locaux à Pantin : pour les médecins libéraux, trouver un local sur Pantin devient très complexe avec la flambée des prix. Le MSP de la rue des Grilles a du débourser 1 million d’euro pour 300m² (et 500 000€ pour l’aménagement et l’équipement). C’est une somme colossale pour des praticiens qui débutent. D’autres villes sont plus proactives que Pantin pour aider les professionnels. A Champigny par exemple, la ville négocie des locaux adaptés à moindre prix au moment des permis de construire. Si on laisse la spéculation immobilière se poursuivre à Pantin, plus aucun médecin ne pourra monter une maison de santé.
  • Évaluation des « contrats » et « plans » : c’est une spécialité française. On se concerte, on prend des engagements, et puis tout reste sur une étagère. Il est nécessaire, à Pantin comme ailleurs, d’avoir un suivi et une évaluation des engagements pris, avec des moyens dédiés.

Des difficultés chroniques pour les services publics municipales

  • Gestion RH des CMS : Les 3 centres municipaux de santé de Pantin connaissent des difficultés similaires, notamment dans la gestion RH des personnels, avec des erreurs de simulations salariales, des recrutements ratés. Certains professionnels travaillent depuis plus d’un an sans contrat de travail ! D’autres, notamment des spécialistes, étaient prêts à rejoindre nos CMS, mais les dysfonctionnements les ont découragés.
  • CCAS : le CCAS de Pantin n’est actuellement pas suffisamment outillé pour répondre à ses missions d’accompagnement dans l’ouverture des droits. Si bien que les professionnels des centres de santé ont recours à des associations, ou prennent sur leur temps. Cette situation n’est pas acceptable. Dans une ville avec 30% de personnes sous le seuil de pauvreté et de nombreuses personnes étrangères, nous devons augmenter les moyens pour faciliter l’accès aux soins et à une couverture santé.
  • Travail social : certaines villes comme Saint-Denis ont embauché des travailleurs sociaux dans les CMS. Ce n’est pas le cas à Pantin, et cela reporte la charge sur les professionnels de santé. Nous embaucherons deux travailleurs sociaux pour nos CMS.
  • Coordination CMS/CCAS : une réunion mensuelle a actuellement lieu entre le CCAS et les CMS. C’est clairement insuffisant pour permettre une fluidité dans les réponses aux usagers.
  • Formation : le budget formation des CMS semble susciter de nombreuses interrogations. Or en matière de médecine, il est indispensable que nos professionnels de santé actualisent régulièrement leurs connaissances. Nous rendrons ce budget plus transparent, et l’augmenterons si besoin.
  • Maintien à domicile des personnes vulnérables : une mairie pourrait proposer un dispositif pour les personnes isolées, par exemple avec une infirmière de pratique avancée. Nous y travaillerons avec les professionnels dès notre élection.
  • Transports : des personnes ont parfois du mal à se déplacer, notamment vers les lieux de service et des lieux de soins. Aux Lilas, il existe une ambulance publique à la demande. Nous ferons cette acquisition pour Pantin.
  • Doctolib : la mairie a fait le choix de Doctolib, prestataire privé, pour la gestion des rendez-vous dans les CMS. Outr les interrogations légitimes sur la sécurité des données de santé, il n’est pas normal d’ouvrir l’ensemble des plages en ligne. Cela sature les CMS, et ne permet pas de répondre aux urgences.

Un point noir : la santé mentale :

  • Santé mentale : Pantin manque terriblement de propositions pour les patients de troubles bipolaires. Nous avons besoin de créer des espaces pour faire du lien, dans les maisons de quartier, avec les associations.
  • Addictions : Il n’y actuellement que 2h de consultations d’addictologie disponibles à Sainte-Marguerite par semaine. Beaucoup de patients des Quatre-Chemins sont suivis en CSAPA à Paris. Les besoins ne sont pas immenses, mais nous pourrions a minima travailler avec des infirmières, notamment pour des sevrages ambulatoires de l’alcool par exemple.


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