Communiqué de presse

Pantin, le 11 juin 2020

Ce jeudi 11 juin, le conseil municipal de Pantin devait se réunir pour la deuxième séance du mandat municipal 2020-2026. Dès l’ouverture de la séance, le Maire a préféré l’ajourner plutôt que de respecter les traditions républicaines vis-à-vis de l’opposition et les valeurs démocratiques les plus essentielles. 

Pour le deuxième conseil municipal, la majorité a sombré dans le sectarisme et le refus de respecter les traditions républicaines. Avant même d’aborder l’ordre du jour, le maire a proposé, sans en avoir informé au préalable les oppositions, une délibération supplémentaire. Celle-ci avait pour objectif de transformer obligatoirement 72 des 77 votes de désignation en vote à main levée, pour mieux contrôler sa majorité, et garantir une hégémonie via des votes uninominaux pour tous les organismes extérieurs, et un non un vote à la proportionnelle. De son propre aveu, le Maire n’avait même pas pris la peine de prévoir un nombre suffisant de bulletins de vote !

Cette méthode est d’autant plus inacceptable que le Maire s’est permis, dans une pirouette politicienne, de rejeter la faute sur les oppositions, instrumentalisant les dossiers importants à l’ordre du jour : prime aux agents, soutiens aux associations, rythmes scolaires, tarifs de la restauration scolaire… Nous aurions le choix entre soit la docilité, soit l’obstruction. Nous refusons ce faux dilemme. 

C’est l’aboutissement d’une dérive ces derniers mois. Le 15 mars dernier, Bertrand Kern, soutenu par le PS et EELV, était réélu maire de Pantin au premier tour par moins de 20% des inscrits, avec 5 110 voix, contre 5 462 en 2014 et 6 950 en 2008. Un pourcentage certes sans appel, mais un nombre de voix qui appelle à l’humilité. 

Pourtant, contrairement aux précédentes élections, le maire réélu n’a jamais pris la peine de contacter les chefs·fes de file des autres listes élues depuis le 15 mars. Aucune discussion n’a eu lieu sur la gouvernance du conseil municipal, la répartition des désignations et les droits de l’opposition. Aucun échange n’a non plus eu lieu sur la gestion de la crise du Covid-19, contrairement à d’autres municipalités. 

Dès le premier conseil municipal du 27 mai, la majorité municipale est passée en force, refusant toute place à l’opposition, de droite comme de gauche, parmi les 10 représentants·es de la Ville au SIVURESC, le syndicat mixte de la restauration scolaire, et obligeant à voter 10 fois à l’urne pendant 1h30 pour s’arroger une hégémonie stérile. Le Maire n’a pas non plus donné suite à notre proposition que l’opposition obtienne la vice-présidence de la commission traitant notamment des finances.

Pendant la campagne, l’ambition n°3 du candidat Bertrand Kern était pourtant de “développer une nouvelle fabrique des politiques locales qui permette de rapprocher les citoyens éloignés de la politique […], innover dans les rapports entre les habitants·es et les institutions, en créant des espaces de dialogue et d’échanges.” Comment respecter la population quand on piétine les droits de l’opposition ?

Notre groupe, premier groupe d’opposition, avait pourtant envoyé des signaux constructifs, pour un travail intelligent au cours de ce mandat, au service des Pantinois·es. Nous avons même demandé ce soir une suspension de séance pour obtenir un compromis, en vain. La majorité municipale a décidé ce soir de s’enfermer dans le sectarisme, et de mettre fin au conseil en 25 minutes. 

Nous appelons le Maire à un sursaut de lucidité d’ici le prochain conseil. Comment envisager six ans de mandat dans ces conditions ?

Samir Amziane, Président du groupe Pantin en Commun

Nadège Abomangoli, conseillère municipale, conseillère territoriale, vice-présidente du conseil départemental

Hông Mach, conseillère municipale

Enzo Poultreniez, conseiller municipal


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